Marie Impie

Sous l'influence d'un incident banal, il arrive qu'une personne arrête ses gestes quotidiens pour se poser brusquement la question fameuse : qu'est-ce que je fais ici ? Imaginons que cette personne soit une jeune femme, mère de famille nombreuse.
Nul doute que la question ne devienne embarrassante et capable d'entraver le train-train quotidien. C'est ce que fait Marie, au milieu du désordre de son ménage délaissé. Légère dans un climat plombé de sérieux, Marie poétise. Elle s'offre le luxe d'écouter ses désirs et même de les voir s'incarner pour une heure d'amour. Autour d'elle, sa mère, sa voisine et une colporteuse font retentir les maximes de la vertu afin de maintenir l’ordre établi. Soucieuses de n’avoir pas à se remettre elles-mêmes en question, les trois commères rappellent Marie à ses devoirs d’épouse et de mère. Mauvaise foi, culpabilisation, désirs écrasés, duperie, violence et liberté s'affrontent dans cette comédie corrosive. Le langage de Denise Gouverneur débusque la poésie au coeur de nos absurdités.